début décembre 07
mb: on a dit qu'on ferait de dante, un star. on a dit qu'on projetterait une étoile lointaine dans ce paysage théâtrale, une étoile qui brille jusqu'au noir obscure.
le projet DANTE est lancé et nous sommes aujourd'hui au milieu d'un chantier : parmi des textes de dante, pasolini, sloterdjik, heidegger, parmi des images de greenway, de godard, d'adriana, de golay, de pesce, de doré et de botticelli. Et les situations pêchent : autant de travail sur le choeur, sur le corps, l'espace et la voix. autant d'improvisations qui cherchent le défi de l'invention. autant de noms pour commettre un crime : représenter l'enfer dans sa totalité, 33 chants +1, portés par le collectif 3 en automne, hiver, printemps et jusqu'aux représentations finales et publiques d'un mois. pas un journaliste qui s'intéresse. pas un mot qui se dit là dessus. le processus artistique ne peut guère vaincre la machine infernale de la production publicitaire et du ragot populaire. Au milieu du chemin de notre vie / je me retrouvais au milieu d'une foret car la voie droite était perdue...
mp:. ce ne sont pourtant pas les ragots qui manquent. Avec les mains baladeuses de B. en répétitions et le teint olivâtre façon camé de Dante. Non, ce qui manque, c'est de faire résonner non seulement la puissance poétique de ce projet, mais aussi sa force politique. parce qu'il s'agit de repenser "l'en-commun" du travail scénique, de réviser les protocoles de production : le vedettariat de la mise en scène, la culture de l'effet ou de la trouvaille scéniques, le mercenariat des comédiens, une certaine précipitation de la réalisation,... Et puis parce que Dante est un écrivain politique, en révolte contre son époque, contre les travers de son époque qui annoncent le capitalisme. En Enfer, de toute façon, tout procède par la gauche. A sinistra. Sinistre.
mb : gauche ou droite ? où commencer? avec dante ou beatrice ? dans la forêt ou la boue. main droite sur son sein, main gauche sur son sexe. premier chant : nel mezzo di camin de nostra vita, mi ritrovai nelle foresta obscurra..... on se perd, on se perd, à gauche et à droite. mais jamais au centre. nous sommes nombreux. entre collectif3, créateurs invités, philosophes, entraîneurs, équipe GRü. nous rôdons autour, chacun à sa manière, chacun à son rythmé. complémentaire ? choix de l'aventure pour la ré-volution du RE-: l'extraordinaire poéte florentin du 14ème siècle ou l'impossible représentation. dante nous donne rv. dante nous lie, nous fait travailler ensemble, il nous oblige à nous confronter, l'un à l'autre. ré-volutionner nous mêmes, nos structures matérielles, mentales, psychologiques, émotionnelles. qui passe par qui ? nous par dante ou dante par nous? match d'envergure : machine dante contre machine théâtre. à gauche. contre la montre.
mp : machine Dante contre machine théâtre. La confrontation semble aller de soi puisque les projets scéniques Enfer ou Paradis se multiplient. Emio Grecco, Roméo Castellucci. Alexis Forestier. Air du temps. Fonds noir de la tasse. Etonnant que, contrairement à Beckett qui ne voyait de l'intérêt que dans le Purgatoire, peu de théâtreux s'arrêtent à ce lieu de passage. Nous, c'est la géométrie, les cris, la nuit, les désespérances et les évanouissements de l'Enfer qui nous retiennent. Pourtant, davantage encore que l'Enfer, c'est lecollectif3 llisant l'Enfer qui est au coeur de la question. Pas la représentation, mais l'impossible de cette représentation? Suivant ainsi Duras quand elle dit: "Ecrire, c'est essayer de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait." Penser en chemin, trouver en faisant, partir en compagnie de Dante et Virgile sans savoir quel théâtre est au fond de l'entonnoir, par signé et comment manigancé: voilà le pari.
le pari comme suivant : le collectif3 commence par un travail sur la voix et la résonance, par un travail de langue et d'apprentissage de texte, par un travail d'improvisation. jouissance au commencement ! jouissance à cause des rencontres multiples: dante, moi, l'autre, ensemble, homme, femme, collectif, théâtre, white, rencontre avec le travail, le travail tous les jours, l'artistique toutes les heures, rencontre avec les approches artistiques proposées, avec les entraînements qui ouvrent la journée de travail, avec les espaces et lumières à pénétrer. au seuil d'une aventure incertaine, on ne se pose pas beaucoup de question, on fonce, on ne se pose pas trop de question puisque tout est nouveau. première présentation publique attire une foule de gens. le texte de dante résonne dans la cage d'escalier de la maison des arts, le spectateur marche, l'acteur marche en transportant du son depuis la white box jusqu'au sous-sol, là aussi le spectateur est assis sur les bancs rouge. rouge comme dante. une expérience commence, c'est l'expérience du tout début, le regard ouvert dans le futur. puis viennent les relais des créateurs, des personnalités nouvelles interviennent, autant d'étrangères qu'au début qui désirent marcher ensemble un peu plus loin vers une fin plus proche. on recommence. on reprend. on redit. on n'est plus au début. on y est maintenant ! comment continuer ? où aller ? l'énergie du début a crée une direction. maintenant qu'on y est, il faut la créer, la développer, il faut oser le dante. il faut le faire. tous. et ensemble.
lundi 14 janvier 2008
Traversée en 699 mots...
La white box est repeinte.
Le collectif3 y entre avec toutes ses affaires.
Pascal Rambert, Denis Schuler, Jocelyne Rudagasiwa, Sandra Amodio passent.
Dominique Falquet entraîne chaque lundi matin au saolin kung-fu.
Michèle Pralong et Manon Pulver mettent en place des discussions sur le processus de travail.
Cindy Van Acker et Sandra Piretti proposent 2 heures de Yoga chaque jeudi.
Maya Bösch travaille les Chants de l’Enfer, approche l’espace de la white box, développe des règles de jeu pour des premières improvisations, crée des paysages de parole et d’action.
Michèle Pralong convoque Pasolini.
Maya Bösch Sade.
Marco Berettini Sloterdijk.
Manon Pulver initie l’entonnoir, une perfo avant les présentations publiques du DANTE ALL STARS.
Pulver développe également le blog.
Dorothea Schürch travaille la voix, la respiration, le corps vocal et fait des mises en espace sonores.
Schürch dessine et fait dessiner le collectif3 sur les exercices au cours.
Schürch fait la scie lors de l’entonnoir avec Manon Pulver et tape sur le clavier pour faire signe au collectif3 de changer la règle de jeu.
Maya Bösch propose des habits de travail pour le collectif3 ; pantalon gris et chaussures Nike.
Regis Golay passe et propose de mettre le collectif3 en training rouge.
Noël s’approche.
Le collectif3 apprend, s’exerce, s’adapte, expérimente, s’invente, compose, se questionne, se révolte, se perd et se retrouve.
Marco Berettini, Josef Szeiler, Dorothea Schürch, Gilles Tschudi passent.
Golay les amène à l’imprimerie et fait la première photo du collectif3 publié dans le Courrier du 2 novembre 08.
Josef Szeiler ouvre un chantier d’improvisation et transforme le Grütli.
Rambert propose aux acteurs de travailler à partir de février, nus et dans les deux espaces, white et black. Il cherche pour ce travail des participants, professionnels et volontaires en plus du collectif3.
Le collectif3 apprend, s’exerce, s’adapte, expérimente, s’invente, compose, se questionne, se révolte, se perd et se retrouve.
Szeiler fait construire des bancs rouges pour les lecteurs-citoyens d’un Chant de Dante qui sont lus avant chaque représentation au GRÜ.
Sylvie Kleiber vient, regarde et écoute le travail, note et réfléchit à L’Enfer Dante.
Pralong travaille avec Bösch, Bösch avec Schürch et Szeiler, Pralong avec Pulver, etc...
Des bancs rouges sur 3 étages, sur toute la verticalité.
Les lectures des Chants de l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis pour toute la Maison des Arts et pendant toute la saison.
Toute l’équipe y passe pour lire.
Szeiler fait construire des panneaux rouges dans le couloir de la white box et le collectif3 y écrit les Chants de l’Enfer.
Adriana Caso-Sarabini filme; elle filme tout ; elle monte le tout.
Bernard Schlurick continue à brasser son Observatoire Dramaturgique ouvert à tout le monde les lundis à midi et réserve une intime heure de Danthologie au collectif3.
Gilles Tschudi travaille l’Enfer autour de la lune noire et fait deux nuits blanches en impro avec le collectif3.
Le GRÜ cherche des lecteurs pour les Chants de Dante sur les bancs rouges.
Jean Michel Broillet installe des vestiaires dans le couloir de la white box pour les affaires du collectif3.
Roberto Degrassi passe régulièrement pour éclairer le politique dans l’affaire de Dante.
Madame Luciana chante sur les bancs rouges.
Kleiber va poser du papier kraft. Partout.
Lors de la nuit blanche avec Tschudi, Barbara Baker se lance dans une écriture automatique en temps réel et défie ainsi la production poétique de la maison.
Marco Berettini fait un soap de l’Enfer sur des personnages choisis par le collectif3 ; il convoque Riefenstahl, Eisenhower, Macchiavelli, Harding, Björk etc…
Fred Jacot-Guillarmod tombe malade.
Gaël Kalimindi tombe malade.
Michèle Gurtner tombe malade.
Roberto Garieri perd sa voix.
Michèle Pralong se fait piéger par le collectif3 qui met en scène une situation d’imposture sur la colère.
Sandra Amodio et Brice Catherin travaillent sur la colère, la spirale, le chant 7 et 8, et sur les sonorités du texte.
Parfois on aboie. Parfois on chie.
Le collectif3 prend et apprend, s’exerce, s’adapte, expérimente, s’invente, compose, se questionne, se révolte, se perd et se retrouve.
Manon Pulver parle du Harakiri lors de son entonnoir.
Fin novembre, Manon Pulver quitte le projet.
Tous les jours.
Tous ensemble.
Tous les jours ouverts au public.
On écrit Dante.
Le GRÜ passe en l’Enfer.
Maya Bösch
Le collectif3 y entre avec toutes ses affaires.
Pascal Rambert, Denis Schuler, Jocelyne Rudagasiwa, Sandra Amodio passent.
Dominique Falquet entraîne chaque lundi matin au saolin kung-fu.
Michèle Pralong et Manon Pulver mettent en place des discussions sur le processus de travail.
Cindy Van Acker et Sandra Piretti proposent 2 heures de Yoga chaque jeudi.
Maya Bösch travaille les Chants de l’Enfer, approche l’espace de la white box, développe des règles de jeu pour des premières improvisations, crée des paysages de parole et d’action.
Michèle Pralong convoque Pasolini.
Maya Bösch Sade.
Marco Berettini Sloterdijk.
Manon Pulver initie l’entonnoir, une perfo avant les présentations publiques du DANTE ALL STARS.
Pulver développe également le blog.
Dorothea Schürch travaille la voix, la respiration, le corps vocal et fait des mises en espace sonores.
Schürch dessine et fait dessiner le collectif3 sur les exercices au cours.
Schürch fait la scie lors de l’entonnoir avec Manon Pulver et tape sur le clavier pour faire signe au collectif3 de changer la règle de jeu.
Maya Bösch propose des habits de travail pour le collectif3 ; pantalon gris et chaussures Nike.
Regis Golay passe et propose de mettre le collectif3 en training rouge.
Noël s’approche.
Le collectif3 apprend, s’exerce, s’adapte, expérimente, s’invente, compose, se questionne, se révolte, se perd et se retrouve.
Marco Berettini, Josef Szeiler, Dorothea Schürch, Gilles Tschudi passent.
Golay les amène à l’imprimerie et fait la première photo du collectif3 publié dans le Courrier du 2 novembre 08.
Josef Szeiler ouvre un chantier d’improvisation et transforme le Grütli.
Rambert propose aux acteurs de travailler à partir de février, nus et dans les deux espaces, white et black. Il cherche pour ce travail des participants, professionnels et volontaires en plus du collectif3.
Le collectif3 apprend, s’exerce, s’adapte, expérimente, s’invente, compose, se questionne, se révolte, se perd et se retrouve.
Szeiler fait construire des bancs rouges pour les lecteurs-citoyens d’un Chant de Dante qui sont lus avant chaque représentation au GRÜ.
Sylvie Kleiber vient, regarde et écoute le travail, note et réfléchit à L’Enfer Dante.
Pralong travaille avec Bösch, Bösch avec Schürch et Szeiler, Pralong avec Pulver, etc...
Des bancs rouges sur 3 étages, sur toute la verticalité.
Les lectures des Chants de l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis pour toute la Maison des Arts et pendant toute la saison.
Toute l’équipe y passe pour lire.
Szeiler fait construire des panneaux rouges dans le couloir de la white box et le collectif3 y écrit les Chants de l’Enfer.
Adriana Caso-Sarabini filme; elle filme tout ; elle monte le tout.
Bernard Schlurick continue à brasser son Observatoire Dramaturgique ouvert à tout le monde les lundis à midi et réserve une intime heure de Danthologie au collectif3.
Gilles Tschudi travaille l’Enfer autour de la lune noire et fait deux nuits blanches en impro avec le collectif3.
Le GRÜ cherche des lecteurs pour les Chants de Dante sur les bancs rouges.
Jean Michel Broillet installe des vestiaires dans le couloir de la white box pour les affaires du collectif3.
Roberto Degrassi passe régulièrement pour éclairer le politique dans l’affaire de Dante.
Madame Luciana chante sur les bancs rouges.
Kleiber va poser du papier kraft. Partout.
Lors de la nuit blanche avec Tschudi, Barbara Baker se lance dans une écriture automatique en temps réel et défie ainsi la production poétique de la maison.
Marco Berettini fait un soap de l’Enfer sur des personnages choisis par le collectif3 ; il convoque Riefenstahl, Eisenhower, Macchiavelli, Harding, Björk etc…
Fred Jacot-Guillarmod tombe malade.
Gaël Kalimindi tombe malade.
Michèle Gurtner tombe malade.
Roberto Garieri perd sa voix.
Michèle Pralong se fait piéger par le collectif3 qui met en scène une situation d’imposture sur la colère.
Sandra Amodio et Brice Catherin travaillent sur la colère, la spirale, le chant 7 et 8, et sur les sonorités du texte.
Parfois on aboie. Parfois on chie.
Le collectif3 prend et apprend, s’exerce, s’adapte, expérimente, s’invente, compose, se questionne, se révolte, se perd et se retrouve.
Manon Pulver parle du Harakiri lors de son entonnoir.
Fin novembre, Manon Pulver quitte le projet.
Tous les jours.
Tous ensemble.
Tous les jours ouverts au public.
On écrit Dante.
Le GRÜ passe en l’Enfer.
Maya Bösch
mardi 20 novembre 2007
Une respiration
Le collectif3 prend une petite semaine de repos avant de s'enfoncer plus avant dans l'Enfer, et de s'embourber dans les eaux marécageuses du Styx, le deuxième fleuve de l'Enfer, qui marque la limite entre le Haut Enfer et le Bas Enfer.
Dans le Haut Enfer, les damnés ont certes péché et ignoré Dieu, mais ils ont surtout agi contre eux-mêmes. luxurieux du 2éme cercle, gourmands du 3ème, avares et prodigues du 4ème, ils se sont perdus dans de fausses passions. Avec les coléreux du 5ème cercle, on entre lentement dans le bas Enfer, où les damnés ont de surcroît beaucoup nui à autrui. Le mal prend de l'ampleur, les supplices empirent, la souffrance augmente, et la peur de Dante ne fait que croître dans son cheminement vers les abysses...
Dès lundi prochain et jusqu'au 15 décembre, le labo reçoit la metteure en scène Sandra Amodio, qui entraînera les laborantins dans les boues coléreuses du 5 ème cercle, avec à ses côtés Brice Catherin, musicien, compositeur et membre du collectif3.
GRANDE FIGLIO DI PUTTANA! 14 et 15 décembre à 19h au white box, les portes s'ouvrent sur une nouvelle étape de travail.
"Qui è l'intrata." ( Voici l'entrée. Enfer, Chant VIII, vers 81)
Dans le Haut Enfer, les damnés ont certes péché et ignoré Dieu, mais ils ont surtout agi contre eux-mêmes. luxurieux du 2éme cercle, gourmands du 3ème, avares et prodigues du 4ème, ils se sont perdus dans de fausses passions. Avec les coléreux du 5ème cercle, on entre lentement dans le bas Enfer, où les damnés ont de surcroît beaucoup nui à autrui. Le mal prend de l'ampleur, les supplices empirent, la souffrance augmente, et la peur de Dante ne fait que croître dans son cheminement vers les abysses...
Dès lundi prochain et jusqu'au 15 décembre, le labo reçoit la metteure en scène Sandra Amodio, qui entraînera les laborantins dans les boues coléreuses du 5 ème cercle, avec à ses côtés Brice Catherin, musicien, compositeur et membre du collectif3.
GRANDE FIGLIO DI PUTTANA! 14 et 15 décembre à 19h au white box, les portes s'ouvrent sur une nouvelle étape de travail.
"Qui è l'intrata." ( Voici l'entrée. Enfer, Chant VIII, vers 81)
lundi 19 novembre 2007
vendredi 16 novembre 2007
cocktail Berrettini
Si la consultation de vos journaux du jour vous a mis le doute, et qu'un heureux réflexe de bloggeur dantesque vous a conduit ici, sachez que c'est bien ce soir vendredi 16 et demain samedi 17 novembre à 19h que le collectif3 ouvre ses portes sur ses trois semaines passées avec le chorégraphe Marco Berrettini.
Dans le mixer: le chant VII de l'Enfer, Règles pour un parc humain de Peter Sloterdijk, et quelques improbables émanations de Léni Riefenstahl, Eisenhower, T.Harding, Machiavel, etc...
Tchin-Tchin.
Dans le mixer: le chant VII de l'Enfer, Règles pour un parc humain de Peter Sloterdijk, et quelques improbables émanations de Léni Riefenstahl, Eisenhower, T.Harding, Machiavel, etc...
Tchin-Tchin.
jeudi 8 novembre 2007
Texte à pile (réponse)
Très cher Brice,
Tout d’abord, pardonne-moi d’avoir mis autant de temps à te répondre, ce n’était en aucun cas de la mauvaise volonté. En posant ces questions pertinentes, tu as soulevé deux ou trois pierres et comme l’une d’entre-elles cachait un scorpion, ceci a eu pour effet de me faire sursauter. Je me suis remis de ma frayeur et je peux (enfin) écrire.
Je tiens à préciser que les réflexions qui suivent sont purement subjectives.
Pour replacer le contexte, l’initiation du débat suscité par l’hypothèse d’une éventuelle mise en scène de l’intégralité du texte.
Lors d’une impro , Manon s’est écriée : « Mais où est la poésie ? »
L’idée de la lecture comme ambition de travail n’est pas satisfaisante car jusqu’à maintenant, je ne pense pas que le cadre d’une lecture seule du texte « tel quel » permette de faire apparaître le caractère poétique et politique, mais risque plutôt de nous faire sentir impuissant face à son volume et à sa complexité. Dans le fond je n'en sais rien de comment il faut monter ce poème de Dante, par contre au risque de paraître totalement réac, je peux dire qu'il me semble intéressant pour notre époque, de chercher à réunir des spécialistes de la question, des gens du spectacle, des éventuels curieux, des femmes au foyer, des djeunz et des vieux, autour de cette matière, durant le temps d'un spectacle. C'est un peu le rêve de voir la représentation comme une réunion d'amis qui n'ont pas nécessairement besoin d'être toujours d'accord, afin de voir si il est possible en 2007 de rêver ensemble ce que peux bien être la source du mal tapi dans chacun de nous et bien sûr de son contraire. Nos société laïque, d'origine judéo-chrétienne, voient, impuissante, la monté inquiétante du manichéisme, du fanatisme et autre forme de simplification de l'exercice de penser. Ces signes sont à eu seul des moteurs prodigieux pour l'action théâtrale. De nature foncièrement pessimiste, j'ai besoin d'être rassuré par l'éventuelle possibilité qu'au travers de ce voyage de plusieurs mois puisse se profiler un message d'espoir.
Tout d’abord, pardonne-moi d’avoir mis autant de temps à te répondre, ce n’était en aucun cas de la mauvaise volonté. En posant ces questions pertinentes, tu as soulevé deux ou trois pierres et comme l’une d’entre-elles cachait un scorpion, ceci a eu pour effet de me faire sursauter. Je me suis remis de ma frayeur et je peux (enfin) écrire.
Je tiens à préciser que les réflexions qui suivent sont purement subjectives.
Pour replacer le contexte, l’initiation du débat suscité par l’hypothèse d’une éventuelle mise en scène de l’intégralité du texte.
Lors d’une impro , Manon s’est écriée : « Mais où est la poésie ? »
L’idée de la lecture comme ambition de travail n’est pas satisfaisante car jusqu’à maintenant, je ne pense pas que le cadre d’une lecture seule du texte « tel quel » permette de faire apparaître le caractère poétique et politique, mais risque plutôt de nous faire sentir impuissant face à son volume et à sa complexité. Dans le fond je n'en sais rien de comment il faut monter ce poème de Dante, par contre au risque de paraître totalement réac, je peux dire qu'il me semble intéressant pour notre époque, de chercher à réunir des spécialistes de la question, des gens du spectacle, des éventuels curieux, des femmes au foyer, des djeunz et des vieux, autour de cette matière, durant le temps d'un spectacle. C'est un peu le rêve de voir la représentation comme une réunion d'amis qui n'ont pas nécessairement besoin d'être toujours d'accord, afin de voir si il est possible en 2007 de rêver ensemble ce que peux bien être la source du mal tapi dans chacun de nous et bien sûr de son contraire. Nos société laïque, d'origine judéo-chrétienne, voient, impuissante, la monté inquiétante du manichéisme, du fanatisme et autre forme de simplification de l'exercice de penser. Ces signes sont à eu seul des moteurs prodigieux pour l'action théâtrale. De nature foncièrement pessimiste, j'ai besoin d'être rassuré par l'éventuelle possibilité qu'au travers de ce voyage de plusieurs mois puisse se profiler un message d'espoir.
Il est à mes yeux très important de pouvoir rendre palpable la tension d’un être tourné vers un au-delà ou un idéal. L’exercice de la lecture jusqu’à maintenant c’est un peu se couper l’herbe sous les pieds, ça peut s’avérer très frustrant : ne pas comprendre quelque chose qui serait présenté comme compréhensible, je ne vois pas le but.
Par contre donner à voir et à entendre, quelque chose qui est tendu dans une direction, tourné vers quelque chose, voici qui me semble plus intéressant. En tant que spectateur peut importe si je ne comprends pas le texte, j’accepte la situation a condition de sentir que le spectacle est un processus, une mise en place de quelque chose qui est tendu vers. La question c’est : Qu’est-ce qui est tendu vers quoi ?
Je ne sais pas encore dire avec précision vers quoi se tends ce dispositif, mais je l'imagine tendu vers quelque chose d’impossible, d’utopique. Le monde des Schtroumpf tendu vers une société sans classe, l’idée de l’aveuglement des masses tendu vers un concept de lunette qui déshabille ou je ne sais pas moi, le jeu du Monopoly tendu vers un monde sans horloges.
Dante tendu vers Béatrice. Un vivant tendu vers une morte. Il bande. Il ne peut pas y avoir de coït. Aucun enfant ne peut naître de cet accouplement post-mortem. Peut-être que la vision amoureuse du texte est une conception purement mucho-macho et nécrophile, je n'en sais rien. Un texte érigé en direction du ciel, totémique, un truc de mecs.
Parenthèse: Virgile et Dante en enfer, chauds comme la braise
Dante : « Je ne sais pas ce que j’ai, je me sens seul et déprimé. »
Virgile : « Viens faire un tour avec moi, je connais un club sm, ça s'appelle l'Enfer. Ceci devrait te réveiller les sens, engourdi par trop de masturbation et de rancoeur. Là-bas, je vais te montrer la taille de ma pensée… »
Par contre donner à voir et à entendre, quelque chose qui est tendu dans une direction, tourné vers quelque chose, voici qui me semble plus intéressant. En tant que spectateur peut importe si je ne comprends pas le texte, j’accepte la situation a condition de sentir que le spectacle est un processus, une mise en place de quelque chose qui est tendu vers. La question c’est : Qu’est-ce qui est tendu vers quoi ?
Je ne sais pas encore dire avec précision vers quoi se tends ce dispositif, mais je l'imagine tendu vers quelque chose d’impossible, d’utopique. Le monde des Schtroumpf tendu vers une société sans classe, l’idée de l’aveuglement des masses tendu vers un concept de lunette qui déshabille ou je ne sais pas moi, le jeu du Monopoly tendu vers un monde sans horloges.
Dante tendu vers Béatrice. Un vivant tendu vers une morte. Il bande. Il ne peut pas y avoir de coït. Aucun enfant ne peut naître de cet accouplement post-mortem. Peut-être que la vision amoureuse du texte est une conception purement mucho-macho et nécrophile, je n'en sais rien. Un texte érigé en direction du ciel, totémique, un truc de mecs.
Parenthèse: Virgile et Dante en enfer, chauds comme la braise
Dante : « Je ne sais pas ce que j’ai, je me sens seul et déprimé. »
Virgile : « Viens faire un tour avec moi, je connais un club sm, ça s'appelle l'Enfer. Ceci devrait te réveiller les sens, engourdi par trop de masturbation et de rancoeur. Là-bas, je vais te montrer la taille de ma pensée… »
Dante : « Oh Virgile tu as eu une trop bonne idée. Comme dirait la panthère, je reprend du poil de la bête : fuck le pape ! vive l’amour ! »
Virgile : « Le pape vit, Béatrice est morte, happy end : c’est une comédie ! »
Virgile : « Le pape vit, Béatrice est morte, happy end : c’est une comédie ! »
Poétique
Sans vouloir citer Aristote, je ne pense pas que tout texte est poétique, mais celui de Dante l’est indéniablement, à mes oreilles. Il ne l’est pas seulement parce qu’il rime.
Je pars du principe (peut-être que je me trompe) qu’un texte versifié est un texte codé pour être dit. En l’occurrence le code est très simple : le vers donne le rythme, il organise le souffle. Je ne veux pas dire par là que c’est uniquement la métrique qui fait la poésie, la poésie de Dante existe au-delà de cette définition, les traductions nous le prouvent : celles qui ne respectent pas le mètre ne sont pas forcément moins poétique. Voici pourquoi je dis que le texte est une partition, il organise l’univers de Dante et avant tout lui permet d’exister en tant que devenir-poésie, et de là devenir-autre chose comme par exemple devenir-théâtral. Si l’on prétend travailler sur la « Divine Comédie » avant d’écarter l’hypothèse après cinq semaines (seulement), que ce texte puisse être dit dans l’intégralité, il faudra me convaincre qu’il ne puisse pas l’être. J’ai et j’aurais toujours l’impression de n’avoir pas ma place au sein du collectif si je n’arrivais pas à partager cette idée et de la rendre digne d’intérêt, au moins comme base de travail. Je ne veux pas dire par là que tout le travail devrait absolument être tourné sur comment dire ce texte (en tant qu’option définitive et inébranlable), mais à l’inverse qu’une chance soit laissée à ce texte de (peut-être) pouvoir être dit et entendu. Ceci n’a rien à voir avec une peur et une bouée de sauvetage, ceci a plutôt un rapport avec la responsabilité en tant que comédien d’être le passeur(Charon) d’un message venant de loin et d’ailleurs (l’Enfer-1300-Dante). Car à ce stade s’il faut choisir entre l’avarice et la prodigalité, j’opte pour la deuxième proposition et redouble mon envie « de me jeter dans la plus grosse flamme », comme dirait notre maître de Kung-fu.
adaptation
Je n’ai rien contre l’idée d’une adaptation mais pour le coup, si tu voulais me donner une idée de ce que l’on peut faire dans la matière tu aurais pu choisir un autre exemple que celui que tu as choisi dans ton message. Car ce que tu proposais concernant l’adaptation de « Ainsi parlait Zarathoustra » par Strauss, je ne vois pas où tu veux en venir, car si je me souviens bien, les nazis ont tout de même bien réussi par un processus de simplification plutôt navrant, à adapter la pensée de Nietzsche dans leur sens et que triste est de constater que Strauss qui plus tard allait devenir le président de la Reichmusikkamer n’allait en tout cas (apparemment )pas les contredire. À ce stade le «ainsi parlait Zarathoustra » de Strauss pourrait tout à fait s’appeler « 2001 l’odyssée de l’espace » qu’on y verrait que du feu.
L’adaptation est un facteur de l’évolution des espèces, soulevé par Darwin.
Comme tu le soulignes très justement Dante n’écrit pas une à proprement parler un texte théâtral. Intégralité ou pas, l’Enfer sera une adaptation. Et comme nous sommes un collectif ce sera donc une adaptation collective.
Lettres adressées à des amis
Voici que je peux reformuler mon utopie, ma question est là : est-ce que Dante en tant qu’écrivain (non pas juste individu) traversant cet espace clos qu’est l’Enfer en route pour cet espace infini qu’est le paradis, ne pourrais pas être mis en parallèle, certe de manière maladroite, avec l’émancipation d’un être scénique (comédien, danseur, musicien) en tant qu’acteur de sa propre pensée (comédien-penseur, danseur-penseur, musicien-penseur) rejoignant un groupe d’amis et de semblables(collectif)?
Sans vouloir citer Aristote, je ne pense pas que tout texte est poétique, mais celui de Dante l’est indéniablement, à mes oreilles. Il ne l’est pas seulement parce qu’il rime.
Je pars du principe (peut-être que je me trompe) qu’un texte versifié est un texte codé pour être dit. En l’occurrence le code est très simple : le vers donne le rythme, il organise le souffle. Je ne veux pas dire par là que c’est uniquement la métrique qui fait la poésie, la poésie de Dante existe au-delà de cette définition, les traductions nous le prouvent : celles qui ne respectent pas le mètre ne sont pas forcément moins poétique. Voici pourquoi je dis que le texte est une partition, il organise l’univers de Dante et avant tout lui permet d’exister en tant que devenir-poésie, et de là devenir-autre chose comme par exemple devenir-théâtral. Si l’on prétend travailler sur la « Divine Comédie » avant d’écarter l’hypothèse après cinq semaines (seulement), que ce texte puisse être dit dans l’intégralité, il faudra me convaincre qu’il ne puisse pas l’être. J’ai et j’aurais toujours l’impression de n’avoir pas ma place au sein du collectif si je n’arrivais pas à partager cette idée et de la rendre digne d’intérêt, au moins comme base de travail. Je ne veux pas dire par là que tout le travail devrait absolument être tourné sur comment dire ce texte (en tant qu’option définitive et inébranlable), mais à l’inverse qu’une chance soit laissée à ce texte de (peut-être) pouvoir être dit et entendu. Ceci n’a rien à voir avec une peur et une bouée de sauvetage, ceci a plutôt un rapport avec la responsabilité en tant que comédien d’être le passeur(Charon) d’un message venant de loin et d’ailleurs (l’Enfer-1300-Dante). Car à ce stade s’il faut choisir entre l’avarice et la prodigalité, j’opte pour la deuxième proposition et redouble mon envie « de me jeter dans la plus grosse flamme », comme dirait notre maître de Kung-fu.
adaptation
Je n’ai rien contre l’idée d’une adaptation mais pour le coup, si tu voulais me donner une idée de ce que l’on peut faire dans la matière tu aurais pu choisir un autre exemple que celui que tu as choisi dans ton message. Car ce que tu proposais concernant l’adaptation de « Ainsi parlait Zarathoustra » par Strauss, je ne vois pas où tu veux en venir, car si je me souviens bien, les nazis ont tout de même bien réussi par un processus de simplification plutôt navrant, à adapter la pensée de Nietzsche dans leur sens et que triste est de constater que Strauss qui plus tard allait devenir le président de la Reichmusikkamer n’allait en tout cas (apparemment )pas les contredire. À ce stade le «ainsi parlait Zarathoustra » de Strauss pourrait tout à fait s’appeler « 2001 l’odyssée de l’espace » qu’on y verrait que du feu.
L’adaptation est un facteur de l’évolution des espèces, soulevé par Darwin.
Comme tu le soulignes très justement Dante n’écrit pas une à proprement parler un texte théâtral. Intégralité ou pas, l’Enfer sera une adaptation. Et comme nous sommes un collectif ce sera donc une adaptation collective.
Lettres adressées à des amis
Voici que je peux reformuler mon utopie, ma question est là : est-ce que Dante en tant qu’écrivain (non pas juste individu) traversant cet espace clos qu’est l’Enfer en route pour cet espace infini qu’est le paradis, ne pourrais pas être mis en parallèle, certe de manière maladroite, avec l’émancipation d’un être scénique (comédien, danseur, musicien) en tant qu’acteur de sa propre pensée (comédien-penseur, danseur-penseur, musicien-penseur) rejoignant un groupe d’amis et de semblables(collectif)?
Le théâtre comme lieu réunissant toute la cité sur des interrogations concernant la cité, la scène comme lieu de conception de l'exercice de la pensée comme action collective, voici l'utopie.
Je ne sais pas ce que tu en penses, mais j'ai l'impression que nos esprits sont tellement saturé d'images et d'information et que monter sur scène signifie avant tout se soumettre au diktat de l'efficacité, une efficacité du luxe. Le théâtre est devenu un lieu inutile, et c'est cette inutilité qui le rend poétique. J' ai l'impression que le texte de Dante et le geste théâtral ont ceci en commun qu'il semblent sortit d'une autre époque. Une adaptation en langage sms éclaircirait-elle notre société sur la babelisation du monde? Dans la fournaise de la société de communication, communiquer a-t'il encore un sens en dehors de critère d'efficacité?
L'être collectif et le temps
L'être collectif et le temps
A la question concernant l’importance du sens que cela peut avoir de savoir quelle est ton utilité en tant que musicien dans un travail sur le texte, je peux te dire que je me pose la même question de savoir quelle est ma place en tant que comédien sur le non-travail du texte. Dans l'absolu je ne pense pas que le texte au théâtre est absolument indispensable. J’ai participé à des projets de théâtre sans texte, de théâtre avec des textes écrits par les acteurs, des projets de théâtre d’auteurs classiques et contemporains . Tu dois sûrement être d’accord qu’à chaque spectacle, une nouvelle problématique, dictée par les enjeux artistiques et leur réception par le public, le temps de répétition, le nombre de personne impliquée dans le projet et toutes sortes d’autre contingence plus ou moins triviale. Dans ce projet, je crois qu'un travail sur le texte est important, parce que travailler ce texte, c'est résiter à la dictature de la mode, du cool et de l'humanisme branché. Ce texte n'est pas facile, il nous interroge constamment ne nous laissant pas de répit, autant dans notre rapport à nous-même, que notre rapport au monde. Mais plus que ça, dans ce projet précis je pense que la question n’est pas de débattre sur le fait de savoir si pour moi ce texte est central ou si pour toi il est périphérique. Mais plutôt de trouver comment les apparentes contradictions peuvent trouver un langage d’échange. Nous avons maintenant amorcé un terrain de réflexion autour de la problématique de la scène. Nous réussissons à dialoguer, c’est déjà ça.
Nous sommes face à plusieurs problèmes, qui peuvent devenir des enjeux pour la suite:
-. Nous éprouvons de la difficulté de trouver un espace de travail en commun autonome (sans impulsion extérieure).
-. Comment concilier le courant pro-texte de Dante et le courant anti-texte, sans déboucher sur un consensus, mais plutôt sur une complémentarité.
-. remettre en question la conception de temporalité du geste théâtral et ce qu'il implique.
-. s'interroger sur: qu'est ce que la poésie.
Voilà, mon cher Brice,
à demain
Inscription à :
Articles (Atom)
